la fabrication des savons
 

Les savons saponifiés « à froid »



Comment ça marche ?



Soude caustique (NaOH) dissoute dans un liquide (eau, lait, décoction…)

+ gras (huiles, beurres)

=

savon + glycérine



En détail

Plusieurs étapes sont nécessaires pour aboutir à un savon prêt à l’emploi :

La lessive caustique

Soude ou potasse : on peut choisir.

Les savons durs sont à base de soude caustique ou NaOH. Les savons « mous » (savon noir du hammam par exemple) sont à base de potasse.

La soude ou la potasse est mélangée à un liquide (eau, jus de fruit, lait, infusion…) jusqu’à sa parfaite dissolution. Une réaction exothermique a lieu (un fort dégagement de chaleur) et il faut attendre que la solution refroidisse.

Les corps gras

Huiles végétales, graisses animales (porc, bœuf, canard), beurre (karité, cacao), cire d’abeille.

Les choix sont multiples, néanmoins tous ont leurs particularités et propriétés. Les corps gras solides sont chauffés jusqu’à ce qu’ils deviennent liquides et ensuite on y ajoute les huiles.

Chaque savon a une base d’huile qui permet d’ajuster ses propriétés :

* Pouvoir moussant, par exemple, l’huile de coco fait mousser le savon.

* Pouvoir lavant, un savon formulé avec des graisses animales est destiné de préférence au lavage du linge, ce qui aura un fort pouvoir détachant.

* Pouvoir hydratant (fraction non saponifiable des huiles qui va nourrir les couches supérieures de l’épiderme).

* Dureté, par exemple un savon 100% à l’huile d’olive est un savon plus mou lors de l’utilisation et qui fond plus rapidement. A contrario, la cire d’abeille ou l’huile de coco durcissent les savons.

Mélange de la lessive de soude et des huiles pour aboutir à la « trace »

C’est le moment où la magie de la chimie opère…

Quand la majorité des huiles sont transformées en savon, la pâte commence alors à épaissir, c’est la trace.

Le surgraissage

La saponification est une réaction totale : elle continue jusqu'à épuisement de l'un des réactifs (huiles ou soude). Pour garantir qu'il n'y a plus de soude dans le savon fini, il faut qu'il y ait un excès d'huiles, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas tout à fait assez de soude pour transformer toute l'huile en savon.

La saponification s'arrêtera alors quand toute la soude sera consommée et il restera donc de l’huile non saponifiée dans le savon, après une période de séchage. Le savon sera dit "surgras". Ce "surgraissage" va apporter une plus grande douceur et des propriétés nourrissantes et adoucissantes au savon.

Le taux de surgraissage est le pourcentage du poids total des huiles qui reste non saponifié dans le savon fini.

Il y a deux moyens de surgraisser le savon, soit en diminuant la quantité de soude, soit en rajoutant une quantité d’huile au moment de la « trace », ce qui permet de choisir l’huile de surgraissage.

Les ajouts

Souvent réalisés à la trace, ils sont très divers.

Argiles, huiles essentielles, terres colorantes, graines, mais aussi huiles végétales, tisane, œufs, lait, miel… Ils viennent parfaire la texture, l’odeur et la couleur.

Le démoulage et la découpe

Le démoulage et le découpage sont un moment magique. Rien n’est fini mais le savon se dévoile déjà.

Le séchage

Les savons vont sécher ensuite pendant 4 à 6 semaines. C’est la période dite de « cure ».

Plus un savon est sec, plus il va durer dans le temps.



Pour ma part,

. J’utilise des matières premières issues de l’agriculture biologique ou produites naturellement sans utilisation de pesticide pour celles que je produits moi-même comme les orties, les soucis.

. Je favorise au maximum les matières premières locales, équitables.

. Je n’utilise pas d’huile de palme (pour comprendre les étiquettes : Elaeis Guineensis Oil ou sodium palmate sous sa forme saponifiée).

.Pour les colorants, je n’utilise que des argiles, des épices, du cacao…

.Des huiles essentielles pour l’odeur. Cependant, elles sont déconseillées pour les enfants et femmes enceintes. J’ai donc deux savons sans huiles essentielles qui ont tout simplement une bonne odeur de savon !

. Des plantes, mon préféré est le savon aux orties…

. De la cire d’abeille et du miel de nos ruches Warré que nous conduisons en apiculture naturelle.

. Et du bon lait de vache qui provient d’Yvetot-Bocage (50), à une vingtaine de km de la savonnerie.

. Mes savons sont surgras au minimum à 5%.

. L’astuce : je me sers également de mes savons comme shampoing et je fais un rinçage avec de l’eau coupée au vinaigre de cidre bio.

En résumé, des savons bons pour notre peau, et l’environnement.




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